Entretien avec V.A.N.D.A.L.E.

   

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V.A.N.D.A.L.E est un collectif atypique, explorant l’art urbain à travers l’objectif de l’appareil photo. Leurs clichés capturent les graffitis comme des messages d’espoir, de révolte ou de tendresse. Avec leur projet phare, A.M.O.U.R. (Appel Mondial à l’Organisation pour l’Union des Rêves), ils offrent une perspective nouvelle sur l’art de rue, en mettant l’accent sur la liberté d’expression. Rencontre avec une voix collective qui immortalise les murmures des murs.

Pourquoi avoir choisi de photographier des graffitis, un art souvent éphémère et marginalisé ?

V.A.N.D.A.L.E : Le graffiti est la voix de ceux qu’on n’entend pas. C’est brut, direct, parfois maladroit, mais toujours sincère. Nous avons été fascinés par cette idée de dialogue entre les murs et les passants. Photographier ces messages, c’est les inscrire dans une mémoire visuelle, leur offrir une seconde vie, surtout dans un monde où tout est effacé rapidement.

Qu’est-ce qui différencie vos photos des simples archives de graffitis ?

V.A.N.D.A.L.E : Notre démarche va au-delà de l’archive. Nous ne cherchons pas seulement à documenter, mais à capturer une émotion. Un graffiti n’est pas qu’un mot ou un dessin ; il est ancré dans un contexte, un lieu particulier. Nos photos racontent aussi l’histoire de l’espace où ces œuvres prennent vie. Ce qui nous intéresse, c’est la relation entre le graffiti et son environnement.

Votre projet A.M.O.U.R. a une dimension engagée. Pouvez-vous nous en parler ?

V.A.N.D.A.L.E : A.M.O.U.R. est né de notre envie de montrer une autre facette du graffiti : celle qui parle de bienveillance, de romantisme, d’humanité. Ce projet regroupe des photos de graffitis gentils, poétiques, souvent oubliés face aux tags plus agressifs ou revendicatifs. Les bénéfices du livre sont reversés aux enfants de Gaza, car pour nous, l’amour doit toujours être une forme de résistance.

Le graffiti est souvent vu comme un art de l’éphémère. Que pensez-vous de cette fragilité ?

V.A.N.D.A.L.E : C’est précisément ce qui le rend puissant. Un graffiti peut disparaître du jour au lendemain, effacé ou recouvert. C’est une métaphore de la vie elle-même : rien n’est permanent. Nos photos cherchent à capturer cette fugacité, tout en rendant hommage à l’instant où ces œuvres ont existé.

Que souhaitez-vous transmettre à travers vos images ?

V.A.N.D.A.L.E : Que les murs ont des choses à dire. Que la ville n’est pas qu’un décor, mais un espace vivant, rempli de rêves, de colères, et d’histoires. Si nos photos peuvent inciter quelqu’un à s’arrêter, à lire, à réfléchir ou à rêver, alors notre mission est accomplie